Programme Résilience 2045 — Pour les décideurs — octobre 2026

Pourquoi ce programme :
l'essentiel en quatre étapes

Pourquoi il faut retirer durablement du CO₂ de l'atmosphère, pourquoi ce retrait doit être payé, comment le système qui le produit se finance lui-même, et quelles règles changer pour qu'il voie le jour. Quatre questions, quatre documents, à lire dans cet ordre.

Réduire les émissions et électrifier est nécessaire, mais ne suffit pas. Même une électrification maximale laisse le CO₂ au niveau actuel : seul un retrait durable le fait redescendre.

Aujourd'hui, aucune filière n'est payée pour le carbone qu'elle retire. Le biogaz est donc jugé comme une simple énergie, kilowattheure contre kilowattheure face à l'électricité — et il perd. Payer la tonne retirée, avec la participation active des acteurs des énergies fossiles appelés à se convertir à cette économie du nettoyage, change l'équation sans dépense publique nette.

Étape 1 · Le constat
Pourquoi retirer du CO₂
L'arrêt des fossiles stabilise au mieux ; il ne fait pas redescendre.
Étape 2 · Le principe
Payer le carbone retiré
Une valeur que personne ne paie n'existe pas pour un investisseur.
Étape 3 · Le financement
Qui paie quoi, sur quelle durée
Chaque ouvrage remboursé par ses recettes ; l'État prête et garantit.
Étape 4 · Le cadre
Les règles à changer
On investit sur les règles du jour : elles doivent changer d'abord.
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Pourquoi agir ?

Le CO₂ déjà présent ne redescendra pas seul

Depuis 1850, environ 750 milliards de tonnes de carbone ont été déplacées du sous-sol et des forêts vers l'air et l'océan. Les puits naturels — forêts, sols, océan — en ont absorbé une partie, mais de façon réversible, et ils faiblissent avec le réchauffement. Des boucles d'amplification (glace, sols secs, végétation qui brûle, permafrost) aggravent la situation, et continuent même si l'on cesse d'émettre.

Le GIEC juge le retrait de CO₂ inévitable pour atteindre la neutralité carbone. Les trajectoires montrent qu'arrêter les fossiles stabilise au mieux la concentration ; seule une trajectoire avec retrait durable la ramène sous 350 ppm.

~750 GtCdéplacés depuis 1850
−25 % / −7 %puits terrestre / océanique affaiblis, 2015–2024
< 350 ppmseulement avec retrait durable
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Qu'est-ce qui bloque ?

Payer le carbone retiré

La filière gaz renouvelable ne vend aujourd'hui que du gaz. Ses vraies valeurs ne sont pas payées : le carbone séquestré par le biochar, le CO₂ biogénique déjà concentré et prêt à stocker, le méthane diffus évité, l'entretien des forêts contre l'incendie, la valorisation des déchets. Tant que le carbone retiré ne rapporte rien, le climat reste secondaire pour ceux qui investissent.

C'est une conversion de l'économie : passer d'une économie qui pollue à une économie qui nettoie. Les acteurs des énergies fossiles ont vocation à s'y convertir et à participer activement à son financement, par une obligation de retrait progressive, connue à l'avance, et par des contrats de long terme sur la tonne retirée — sans nouvelle taxe visible pour les ménages. Pour eux, le biochar et le stockage du CO₂ deviennent un marché et une voie de reconversion industrielle.

Ce n'est ni un impôt de plus ni une sanction : la contribution est entièrement affectée au retrait du carbone, versée seulement pour une tonne retirée, mesurée et certifiée, et ne peut servir à rien d'autre. Le mécanisme reste neutre : c'est la tonne retirée et vérifiée qui est payée, quelle que soit la méthode.

0 €payé aujourd'hui pour le carbone retiré
Polluer → nettoyerpasser d'une économie de pollution à une économie de nettoyage
CRCF (UE) 2024/3012cadre de certification existant
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Est-ce soutenable ?

Un système qui s'autofinance sur sa trajectoire

Aujourd'hui, chaque filière a son guichet : on paie des volumes plutôt que des besoins, et seuls les kilowattheures sont rémunérés. Nous proposons que chaque ouvrage soit payé au coût complet, sur sa durée de vie, par ceux qui en bénéficient ou qui en causent le coût ; que la construction soit pilotée par le besoin ; et que l'État prête et garantisse au lieu de subventionner.

Pour un site de pyrogazéification, tout ce qu'il produit est valorisé : biométhane, biochar, CO₂ biogénique concentré stocké ou utilisé, chaleur, traitement des déchets, entretien des forêts. Le CO₂ biogénique concentré pèse autant que le biochar dans le retrait du carbone.

~44–46 €/MWhcoût résiduel du biométhane, contre ~80 aujourd'hui
~25–40 Mt CO₂/anCO₂ biogénique concentré, à côté de ~9–23 Mt dans le biochar
~540–690 Md€d'investissement, contre ~794–1 096 en tout-électrique
~2,5–3 Md€de dépense publique pour les sites pilotes, plus ~8–12 Md€ de garanties
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Que faut-il changer ?

Les règles avant les sites

L'usine GoBiGas, en Suède, fonctionnait ; elle a fermé parce qu'elle n'était payée que pour son gaz. Comme on investit sur les règles du jour, elles doivent changer avant que les sites ne soient décidés : payer ce que les sites produisent, autoriser et construire dans des délais compatibles avec le climat, mobiliser la biomasse à risque, ouvrir les usages.

Les notes de position mettent en regard ce que la France a ratifié (GIEC, Accord de Paris, SNBC) et ce qu'elle applique, et proposent une architecture juridique qui raccourcit les procédures sans supprimer le droit au recours.

4 famillesde règles à faire évoluer
6–10 ansde procédure par site aujourd'hui
2027–2030fenêtre pour adopter l'essentiel

Trois décisions qui pourraient être engagées dès 2027

  1. Inscrire dans une loi de programmation le principe que la tonne de carbone retirée durablement est rémunérée pour elle-même, avec un coût complet de référence par filière, des contrats longs et symétriques, et une construction pilotée par le besoin.
  2. Créer une obligation de retrait progressive, à laquelle participent les acteurs des énergies fossiles et entièrement affectée au retrait du carbone, et ouvrir à la pyrogazéification les certificats de production de biogaz (article R.446-105 du code de l'énergie).
  3. Lancer quelques sites pilotes avec biochar et stockage du CO₂ biogénique, ainsi que le contrat d'entretien forestier à l'hectare, avec des garanties publiques plutôt que des subventions.

Pour aller plus loin : le corpus complet — annexes techniques, démonstrateurs territoriaux, mobilité et aviation — est sur la page Documents.