Programme Résilience V11 — Bilan énergétique 2045

Alimenter la France en 2045 —
les chiffres qu'on ne met pas côte à côte

Avant de débattre "nucléaire ou éolien ou solaire", il faut poser les besoins réels secteur par secteur, regarder ce qu'on peut produire avec les vrais chiffres industriels, et identifier ce que l'électricité seule ne peut pas couvrir. C'est seulement alors que le rôle du bio-méthane devient évident — et que Résilience devient indispensable.

Cohérence V11 : tous les chiffres sont issus du Programme Résilience V11 (mai 2026) — section 1.1 (bilan sectoriel), section 2.1 (EPR2 / Sabatier), section 2.2 (biomasse ~262 TWh central), section 3.1 (comparaison BEV vs Résilience). Note Aviation bio-GNL V11.1. Données de référence actuelles : bilan énergétique de la France 2023 (SDES), bilan électrique 2024 (RTE) ; données RTE 2024–2025 pour les facteurs de charge ENR. Qualifications systématiques ✅ Robuste / Plausible / ⚠ Conditionnel.

00 · Bilan général

Besoins, production, déficit —
le tableau qu'on ne montre jamais ensemble

Avant de débattre de mix électrique ou de biomasse, il faut poser trois bilans côte à côte : ce que la France consomme aujourd'hui et avec quoi, ce que l'électrification maximale couvre en 2045 et ce qu'elle laisse sans réponse, puis ce que Résilience produit en bio-CH₄ et ce qu'il faudra en plus pour une décarbonation complète.

A · La France aujourd'hui — ~1 600 TWh, trois vecteurs

SecteurTWh actuelsÉlectricitéGaz / PétroleÉlectrifiable ?
🏠 Logements + tertiaire~650~285 TWh (44 %)~255 TWh gaz + fioul (+ bois ~110)Oui — PAC ×3–4 déjà engagé
🏭 Industrie~280~105 TWh (38 %)~140 TWh (gaz ~70 %)Partiel — HT >500°C résiste
🚗 VL + VU + Bus~365~3 TWh~350 TWh (pétrole ~93 %)Majoritairement — Rex 23 % km
🚛 Poids lourds~105~0~100 TWh (gazole + GNV)Très partiellement — 70 % bio-GNV
✈ Aviation~750~75 TWh kérosène (dont ~65 TWh de vols internationaux)Long-courrier : non — bio-GNL seul
🌾 Agriculture + autres~50~8 TWh~40 TWh (pétrole 90 %)Partiel — Rex tracteurs ÉREV
🧪 Usages non énergétiques (chimie, plastiques, bitumes)~75~0~75 TWh (gaz, pétrole)Non — matière première (biosourcée à terme)
TOTAL~1 600 TWh~400 TWh (25 %)~1 035 TWh (65 %)~60 % électrifiable

B · En 2045 — ce que l'électrification couvre, ce qu'elle laisse

SecteurTWh élec. BEVTWh élec. RésilienceRésidu non-électrique RésilienceVecteur résidu
🏠 Logements + tertiaire280280—Chaleur fatale pyrogaz.
🏭 Industrie200200~25 TWh HT irremplaçableBio-CH₄ procédés >500°C
🚗 VL + VU + Bus15012075 TWh Rex longue dist.Bio-GNV ÉREV
🚛 Poids lourds5015~75 TWh non couvertsBio-GNV obligatoire
✈ Aviation75 kéro fossile~10 TWh élec. (VTOL + court-courrier)~80 TWh tous segments (V11.1)Bio-GNL / bio-GNV obligatoire
🌾 Agriculture4040~12 TWh Rex tracteursBio-GNV ÉREV
TOTAL~720 TWh — aviation fossile non résolue~665 TWh élec.~265 TWh non-électriques (~290 TWh avec le soutien réseau)Bio-CH₄ indispensable
Ce que le tout-électrique ne résout pas : ~265 TWh (~290 TWh avec le soutien réseau hivernal) restent structurellement hors portée de l'électrification — aviation tous segments, poids lourds, industrie haute T°, Rex tracteurs et voitures. Le BEV les conserve en fossile. Résilience les couvre avec du bio-CH₄.

C · Les besoins réels en bio-CH₄ — secteur par secteur

UsageTWh bio-CH₄Pourquoi irremplaçableQualification
🚛 Poids lourds longue distance~75Autonomie 800–1 000 km impossible en batterie seule à coût raisonnable. 70 % des km.✅ Robuste
🚗 VL + VU + Bus — Rex7523 % des km longue distance et zones sans bornes. Rex automatique sous seuil de charge.✅ Robuste
✈ Aviation — tous segments~80VTOL : élec. pur. Régionaux ②③ : ÉREV bio-GNV. Moyen + long-courrier ④ : turbofan bio-GNL. Calculé depuis trafic départ France (Note Aviation V11.1).Plausible — à affiner
🏭 Industrie HT résiduelle~25Procédés >500°C après max électrification et changements de procédés. Fours verriers, métallurgie, chimie.Plausible
🌾 Agriculture — Rex tracteurs~12Mix ÉREV. Puissance continue hors réseau, travaux lourds. Rex minoritaire mais indispensable.Plausible
⚡ Soutien réseau hivernal~25Résidu après bon dimensionnement éolien offshore + nucléaire baseload. Dunkelflaute et pointes. Stockages souterrains ~130 TWh (Storengy, Teréga).Plausible
TOTAL BESOINS~290 TWhDont 75+75 = ~150 TWh robustes (mobilité lourde et Rex) + ~140 TWh plausibles (aviation, industrie, agri, réseau) · ~265 TWh hors soutien réseau

D · Production V11 et leviers — comment combler les ~30 TWh manquants

SourceVoieTWh/anQualification V11
Base V11 — biomasse résiduelle documentée
Résidus culture + paillePyrogazéification~48⚠ Conditionnel
Bois mort + rémanents forestiersPyrogazéification38–44✅ Robuste
Houppiers + branchesPyrogazéification22–27✅ Robuste
Sous-total pyrogaz. 150 sites—~108–145150 sites × 1 000 t/j · 37–41 Mt/an documentés ; ~130–145 TWh à pleine capacité des 150 sites (49,5–55 Mt)
Effluents d'élevageMéthanisation~70✅ PPE3 : 44 TWh de biométhane injecté en 2030
Biodéchets + STEP + CSRMéthanisation~40–50Plausible
Sous-total méthanisation—~110–120—
Sabatier — surplus ENR étéÉlectrolyse + CO₂ concentré sites~25–40Plausible TRL 7–8
TOTAL BASE V11—~262 TWhFourchette 254–282
Déficit à couvrir : ~30 TWh (besoins ~290 − production ~262) — trois leviers complémentaires
L1 — Sabatier maximisé
CO₂ concentré gratuit sur les 150 sites + surplus ENR croissants
Électrolyse+15–25Plausible — dépend surplus ENR
L2 — Gaz fossile résiduel + séquestration géologique (option de secours)
~0–30 TWh fossile, à titre limité, seulement si L1 et L3 ne suffisent pas. Émissions ≤ ~6 Mt CO₂ compensées par biochar −23 Mt + séquestration géo CO₂ concentré −35 Mt → bilan carbone négatif
Fossile + CCS~0–30 (secours)⚠ Secours — moins cher que Sabatier (×3–4)
L3 — Cultures dédiées miscanthus et autres
Terres marginales en priorité (ex-vignes, friches, 0,5–1,5 Mha), puis terres non alimentaires. Double séquestration : captation CO₂ croissance + biochar millénaire.
Pyrogazéification+15–45Prospectif — levier carbone négatif
Avec L1+L2+L3—~300–350 TWhCouverture totale avec marge

E · Bilan carbone selon les leviers activés — système énergétique (hors CH₄ et N₂O agricoles et procédés industriels)

ScénarioProduction CH₄Fossile résiduelSéquestration totaleBilan net
V11 base seule (~262 TWh)~262 TWh~30 TWh → ~6 Mt CO₂−23 Mt biochar~−17 Mt — déjà négatif
+ L1 Sabatier maximisé (+20 TWh)~282 TWh~10 TWh → ~2 Mt CO₂−23 Mt biochar~−21 Mt — négatif
+ L2 séquestration géologique CO₂ concentré~282 TWh~10 TWh → ~2 Mt CO₂−23 Mt biochar − 35 Mt géo~−56 Mt — carbone négatif ✅
+ L3 miscanthus 1 Mha (+20 TWh)~302 TWh0 TWh (excédent ~10 TWh)−23 −35 −15 Mt~−73 Mt — fortement négatif ✅
Couverture maximale sans fossile (L1+L3 max)~330 TWh0 TWh fossile−23 −35 −30 Mt~−88 Mt — maximum ✅
~30 TWh

Le déficit à couvrir

Entre les ~262 TWh de la base V11 (Sabatier de base inclus) et les ~290 TWh nécessaires (~265 TWh hors soutien réseau hivernal). Ce déficit ne remet pas en cause l'architecture — il définit la stratégie des leviers complémentaires.

L1 + L3 d'abord

Combler le déficit sans fossile

Sabatier maximisé (+15–25 TWh) sur le CO₂ concentré gratuit des 150 sites, et cultures dédiées miscanthus sur terres marginales (+15–45 TWh) — double séquestration (croissance + biochar), levier de retrait net de CO₂ atmosphérique à long terme. Ensemble, ils couvrent les ~30 TWh manquants avec marge.

L2 en secours

Fossile compensé, à titre limité

Si L1 et L3 tardent : ~0–30 TWh de CH₄ fossile, 3 à 4× moins cher que le Sabatier. La séquestration chimique et géologique du CO₂ concentré des 150 sites (~35 Mt/an) rend alors le bilan carbone fortement négatif — les émissions du fossile résiduel restent très inférieures au CO₂ séquestré.

01 · Les besoins énergétiques — aujourd'hui

D'où vient l'énergie que nous consommons ?
~1 600 TWh — six secteurs, trois vecteurs

La France consomme ~1 350 à 1 500 TWh d'énergie finale par an selon l'année (bilan SDES), soit ~1 600 TWh en ajoutant les soutes internationales (~75 TWh, aviation surtout) et les usages non énergétiques (chimie, plastiques, bitumes, ~75 TWh) : c'est l'énergie nécessaire à la consommation de la France. Avant de débattre de transition, il faut comprendre qui consomme quoi, avec quel vecteur, et pour quoi faire. C'est le point de départ du tableau V11 — et il contient déjà la conclusion : près d'un cinquième des besoins (~265–290 TWh) résiste à l'électrification directe.

SecteurConso. actuelleVecteur principalÉlectrifiable ?Pourquoi / pourquoi pas
🏠 Logements + tertiaire~650 TWhÉlec 44 % · Gaz + fioul ~40 % · Bois ~17 %Oui — PAC déjà en coursPAC ×3 à ×4 vs résistance. Gain d'efficacité majeur. Déjà engagé.
🏭 Industrie (tous usages)~280 TWhÉlec 38 % · Gaz ~35 % · PétrolePartiel — basse T° oui, haute T° nonProcédés <500°C : électrifiables. >500°C (fours, métallurgie, verrerie) : températures non atteignables économiquement par l'électricité.
🚗 VL + VU + Bus~365 TWhPétrole ~93 %Majoritairement oui — pas entièrement77 % des km en électrique (trajets quotidiens). 23 % en bio-GNV (longue distance, zones sans bornes). ÉREV Atkinson 41–46 %.
🚛 Poids lourds~105 TWhGazole + GNVTrès partiellement30 % élec + 70 % bio-GNV. Autonomie 800–1 000 km impossible en batterie seule à coût raisonnable.
✈ Aviation~75 TWh (kérosène)Kérosène 100 % (dont ~65 TWh de vols internationaux)Non pour le long-courrierDensité énergétique batterie ×10 insuffisante pour moyen et long-courrier. En 2045 : VTOL et court-courrier électrique ~10 TWh élec. ; régionaux, moyen et long-courrier ~80 TWh de bio-CH₄ (Note Aviation V11.1).
🌾 Agriculture + autres~50 TWhPétrole 90 %PartiellementTracteurs ÉREV + méthanisation ferme. Puissance continue hors réseau — pas substituable en totalité.
TOTAL France~1 525 TWh (+ ~75 TWh d'usages non énergétiques = ~1 600 TWh)Gaz / pétrole ~65 % · Élec ~25 %~60 % électrifiable~265–290 TWh résistent à l'électrification directe — transport lourd, aviation, industrie haute T°.
Ce que ce tableau dit déjà : environ 265 à 290 TWh (poids lourds + aviation + industrie haute T° + Rex) ne peuvent pas être couverts par l'électricité avec les technologies actuelles et prévisibles. Ce n'est pas un choix politique — c'est une contrainte physique. La question n'est pas "tout électrifier" mais "avec quoi couvre-t-on le reste ?"
02 · Les besoins en 2045 — après électrification maximale

Même en électrifiant tout ce qu'on peut —
que reste-t-il sans solution ?

Le tableau de synthèse V11 (section 1.1) compare trois scénarios secteur par secteur. Il montre ce que chaque vecteur couvre — et ce que le tout-BEV laisse sans réponse.

SecteurActuel (TWh énergie finale : carburant, gaz, élec.)BEV élec (TWh électriques)Résil. élec (TWh électriques)Résil. bio-CH₄ (TWh carburant gaz)Résil. therm. (TWh)Note V11
🏠 Logements + tertiaire650280280—30PAC + élec directe · Chaleur fatale pyrogaz.
🏭 Industrie280200200~2210Électrification procédés <500°C · bio-CH₄ HT résiduel irremplaçable (>500°C)
🚗 VL + VU + Bus36515012075—77 % km élec / 23 % bio-GNV · ÉREV Atkinson 41–46 %
🚛 Poids lourds1055015~75—30 % élec + 70 % bio-GNV · autonomie 800–1 000 km
✈ Aviation75 kéro75 kéro ← non résolu~10 (VTOL + court-courrier)~80 tous segments—BEV conserve 75 TWh fossile · Résilience : VTOL élec., régionaux ÉREV bio-GNV, moyen+long-courrier turbofan bio-GNL — tous segments (Note Aviation V11.1)
🌾 Agriculture + autres504040~1310Tracteurs <80 CV élec. · Rex bio-GNV 120–400 CV · Chaleur fatale méthaniseurs ferme
TOTAL~1 525 (hors usages non énergétiques)~720 TWh élec~665 TWh élec~265 TWh bio-CH₄~50 TWh therm.Besoins bio-CH₄ ~265 TWh (~290 TWh avec soutien réseau) · Production V11 base ~262 TWh · Déficit ~30 TWh → leviers L1/L3 (L2 en secours)

Lecture des unités : les TWh ne sont pas équivalents d’une colonne à l’autre. « Actuel » compte l’énergie achetée (gazole, kérosène, gaz, électricité) ; les colonnes « élec » comptent l’électricité à la prise ; la colonne bio-CH₄ compte du carburant gaz. Exemple poids lourds : ~105 TWh de gazole deviendraient ~45–50 TWh électriques en tout-batterie (moteur électrique ~85–90 % contre diesel ~40 %) ; en Résilience, 70 % des km en bio-GNV ÉREV demandent ~75 TWh de bio-CH₄ (rendement gaz → roue 38–41 %, proche du diesel) et 30 % en électrique ~15 TWh.

Ce que le tout-BEV laisse sans solution : l'aviation conserve ~75 TWh de kérosène fossile (dont ~65 TWh de vols internationaux) — aucune technologie disponible à cet horizon ne peut les remplacer. Le scénario BEV n'est donc pas une décarbonation complète : il laisse intact le secteur qui représente à lui seul plus de 50 % du forçage radiatif de l'aviation sur 20 ans (NOx + contrails + CO₂).
Ce que Résilience apporte : ~55 TWh de moins sur le réseau électrique (720 → 665 TWh). ~290 TWh de bio-CH₄ nécessaires pour couvrir transport lourd, aviation tous segments, industrie HT et réseau — dont ~262 TWh produits depuis la biomasse résiduelle V11 et ~30 TWh à couvrir via leviers complémentaires (Sabatier maximisé, cultures dédiées ; fossile compensé par séquestration en secours). Le bio-CH₄ n'est pas un substitut volumétrique au gaz fossile — c'est un outil de stabilisation pour ce que l'électricité ne peut pas faire seule. (V11, section 1.1)
03 · Ce qu'on peut réellement produire

Le bilan de production —
avec les vrais chiffres industriels

Avant de dimensionner le mix, il faut regarder ce qu'on peut réellement construire — pas ce qu'on voudrait. C'est ici que les contraintes industrielles du nucléaire, les limites des ENR et leur saisonnalité changent fondamentalement le débat.

☢ Le nucléaire — le mur des 14 EPR2

ParamètreBEV tout-électriqueRésilience V11Explication
Socle existant maintenu 2045~30 GW~30 GWIdentique dans les deux scénarios. Série 900 MW arrêtée (58–68 ans en 2045).
EPR2 neufs à construire21 EPR2 — dépasse la capacité industrielle14 EPR2 — maximum jugé faisable14 = limite démontrée (cadences Flamanville, chaîne appro., ressources humaines). 21 = +50 % au-delà. V11 section 2.1 ✅
Puissance nucléaire totale64,65 GW53,10 GW30 GW socle + 14 × 1,65 GW neufs
Facteur de charge75,9 % (modulation face ENR)85,9 % (baseload pur)Sabatier absorbe les surplus ENR → nucléaire ne module plus. ✅ Mécanisme démontré V11
CAPEX EPR2 seuls21 × 12 Md€ = 252 Md€14 × 12 Md€ = 168 Md€Économie 84 Md€
Déficit pilotable janvier−59,77 GW−10,56 GWRésilience 5× plus robuste en pointe hivernale
Contraintes croissantes sur les sites nucléaires : refroidissement fleuves menacé par les canicules (arrêts partiels 2022–2023 documentés), températures d'eau croissantes qui limitent les rejets thermiques, peu de nouveaux sites acceptables. Les SMR/SNR sont prometteurs mais rencontreront le même problème de refroidissement — horizon réaliste : 2040+ pour des unités commerciales. Construire des EPR sur des fleuves est un risque structurel qui s'aggrave avec le réchauffement climatique.

⚡ La matrice temporelle — production vs demande mois par mois

C'est le tableau que le débat public n'ose pas montrer. La disponibilité réelle de chaque source, croisée avec les pics de demande, révèle les coïncidences critiques que le tout-électrique ne peut pas absorber.

SourceJanFévMarAvrMaiJunJulAoûSepOctNovDéc
☢ Nucléaire dispoFortFortMoy.Moy.↓ Arr.↓ Arr.↓ Arr.↓ Arr.RepriseFortFortFort
💨 Éolien terrestreFortFortMoy.Moy.Faible~10 %~12 %FaibleMoy.Moy.FortFort
🌊 Éolien offshoreFortFortMoy.Moy.Moy.FaibleFaibleFaibleMoy.FortFortFort
☀ Solaire PV~5 %FaibleMoy.Moy.FortFortFort†Fort†Moy.Faible~5 %~4 %
⚡ Demande réseauPICPICMoy.Moy.Moy.↑ ClimPIC ?PIC ?Moy.Moy.PICPIC
🌿 Bio-CH₄ stocké~130 TWhdispodispodisporechargerechargerechargerechargedispodispodispodispo

† Solaire juillet–août : rendement dégradé par les fortes chaleurs (~0,5 %/°C au-dessus de 25°C). Paradoxe : canicule = demande climatisation maximale + production PV réduite simultanément.

La convergence critique juillet–août : nucléaire à mi-régime (arrêts maintenance + étiage fleuves), éolien terrestre à 10–12 %, solaire dégradé par la chaleur, demande montante (climatisation généralisée). C'est précisément à ce moment-là que le tout-BEV est le plus fragile — et qu'aucune ENR ne peut se substituer à une autre.

📊 Potentiel et limites des ENR

FilièreGW installables 2045Production/anFacteur chargeLimite principale
Solaire PV90–105 GW~120–140 TWh13–14 %Absent hiver et nuit. Rendement dégradé par chaleur. Surplus invendables été (2 000 GWh écrêtés S1 2025).
Éolien terrestre25–27 GW~50 TWh~22 %Zones favorables saturées. Revamping complexifié. Délais >10 ans.
Éolien offshore posé~20 GW~55 TWh~32–35 %2,5–3 Md€/GW · 8–12 ans · saturation des zones côtières.
Éolien offshore flottant~9–18 GW (long terme)~30–60 TWh~35–40 %Technologie en validation · 4–6 Md€/GW · Horizon 2038+.
Total ENR 2045~144–170 GW~255–295 TWh—Fort en hiver (éolien) / fort en été (solaire). Les creux se cumulent aux mauvais moments.
04 · L'équation impossible du tout-électrique

Même en poussant tous les curseurs au maximum —
trois trous que rien ne referme

720 TWh d'électricité (nucléaire + ENR au maximum), 21 EPR2 impossibles à construire, et pourtant trois problèmes structurels que le surdimensionnement ne résout pas.

~265–290 TWh

Les usages non électrifiables

Aviation long-courrier, poids lourds longue distance, industrie haute T° (>500°C), agriculture hors réseau. Le BEV les laisse en fossile faute d'alternative. Près d'un cinquième des besoins actuels conservés en kérosène, gazole et fioul.

×100+

Le stockage saisonnier manquant

Batteries : 4–8 heures. Stockages souterrains de gaz (Storengy, Teréga) : ~130 TWh, soit des centaines de fois la capacité des stations de pompage (STEP) françaises. Surplus solaire été → déficit hiver : physiquement insoluble en batteries à coût raisonnable.

−59,77 GW

Le déficit pilotable en janvier

Puissance pilotable manquante en pointe hivernale dans le scénario BEV (V11, section 3.1). En Résilience : −10,56 GW. Le tout-électrique est 5× plus fragile face aux situations critiques.

Le vecteur manquant — quatre critères simultanément nécessaires : stockable sur des semaines à des mois · pilotable en quelques minutes · haute densité énergétique (transport longue distance, aviation) · utilisable sans réseau électrique (agriculture, chantiers). Aucune ENR ne répond à ces quatre critères ensemble. Le nucléaire en satisfait deux mais pas les deux premiers. Il manque un vecteur moléculaire.
05 · La biomasse française — une ressource documentée

Ce vecteur existe —
produit depuis nos propres déchets et résidus

Le bio-méthane n'est pas un projet hypothétique. La France a injecté 13,5 TWh de biométhane dans les réseaux en 2025. La PPE3 (décret n° 2026-76 du 12 février 2026) fixe 44 TWh de biométhane injecté en 2030. Le Programme V11 documente un gisement central de ~262 TWh depuis neuf filières de biomasse française — sans importer quoi que ce soit.

SourceVoieVolumeBio-CH₄ (TWh/an)Biochar (Mt/an)Qualification V11
Résidus de culture + paillePyrogazéification~16 Mt/an~483,6⚠ Conditionnel
Bois mort + rémanents forestiersPyrogazéification13–15 Mt/an38–443,1✅ Robuste
Houppiers + branchesPyrogazéification8–10 Mt/an22–27~2,0✅ Robuste
Effluents d'élevageMéthanisation—~70—✅ PPE3 : 44 TWh de biométhane injecté en 2030
Biodéchets + STEP + CSRMéthanisation—~40–50—Plausible
Méthane Sabatier
(non-biomasse — surplus ENR)
Électrolyse + CO₂50 GW élec. → 67 TWh absorbés~25–40—Plausible TRL 7–8 · 35 Md€ CAPEX
Total V11 central
150 sites pyrogaz × 1 000 t/j + méthanisation
—Pyrogaz. : ~37–41 Mt/an biomasse sèche documentée (49,5–55 Mt à pleine capacité)~262 TWh
(fourchette 254–282)
Haute avec Sabatier 40 : ~295 TWh
~20–23 Mt CO₂ séq./anV11 section 2.2
La filière produit trois choses simultanément :

1. Du bio-méthane — vecteur stockable dans les ~130 TWh de stockages souterrains existants (Storengy, Teréga)
2. Du biochar — ~2,6 t CO₂ séquestrées par tonne produite (2,5–3,1 selon la teneur en carbone), stable 500–1 000 ans → bilan carbone négatif possible
3. Du digestat — engrais organique local, régénération des sols agricoles, substitution aux intrants fossiles importés

Ce n'est pas une filière énergétique qui produit des co-bénéfices. C'est une filière climatique et agricole qui produit aussi de l'énergie.
Lecture des chiffres V11 — 262 TWh ou 295 TWh ?

Le Sabatier (~25–40 TWh) est déjà inclus dans le total V11 de 262 TWh (central, fourchette 254–282). Les 295 TWh du tableau de synthèse section 1.1 correspondent à la fourchette haute (282 TWh) avec le Sabatier à 40 TWh — un scénario optimiste mais plausible.

Décomposition des 150 sites × 1 000 t/j de pyrogazéification :
— Résidus culture + paille : ~48 TWh ⚠
— Bois mort + rémanents : 38–44 TWh ✅
— Houppiers + branches : 22–27 TWh ✅
— Sous-total pyrogaz. : ~108–145 TWh depuis ~37–41 Mt/an de biomasse sèche documentée (~130–145 TWh à pleine capacité des 150 sites, 49,5–55 Mt)
— Méthanisation (effluents, biodéchets, STEP) : ~110–120 TWh ✅
— Sabatier (surplus ENR → électrolyse) : ~25–40 TWh Plausible TRL 7–8
— Total central : ~262 TWh · Fourchette haute avec Sabatier 40 TWh : ~295 TWh
06 · L'allocation fonctionnelle

Le bio-méthane n'est pas le backup
de l'électricité — c'est son complément structurel

Si les creux du réseau électrique consomment librement les 262 TWh disponibles, il ne reste rien pour l'aviation, les poids lourds et l'industrie lourde. L'allocation doit être fonctionnelle : usages irremplaçables en priorité absolue, soutien réseau sur le solde — et le dimensionnement des ENR s'adapte pour ne pas dépasser ce solde.

Priorité 1 — Usages irremplaçables

~80 TWhAviation tous segments (bio-GNV régionaux ②③ · bio-GNL moyen+long-courrier ④) — VTOL et court-courrier en élec. (~10 TWh) · aucune alternative moléculaire à cet horizon
~75 TWhPoids lourds longue distance (bio-GNV) — 70 % des km non couverts par batterie
75 TWhVL + VU + Bus — 23 % des km en bio-GNV (longue distance, zones sans bornes)
~22 TWhIndustrie HT >500°C résiduelle — procédés irremplaçables après max électrification et changements de procédés
~13 TWhAgriculture — Rex bio-GNV tracteurs 120–400 CV · travaux lourds hors réseau

Budget P1 total : ~265 TWh. Non négociable — rien d'autre ne peut couvrir ces usages. À réserver avant tout dimensionnement réseau. Production V11 base : ~262 TWh → avec le soutien réseau (P2), déficit ~30 TWh couvert par les leviers L1/L3 (L2 en secours).

Priorité 2 — Soutien réseau (solde disponible)

~25 TWhCentrales bio-CH₄ en pointe hivernale (Dunkelflaute, pics de demande) — depuis les ~130 TWh de stockages souterrains (Storengy, Teréga) · solde disponible après P1
SabatierSurplus ENR estivaux → électrolyse → méthane de synthèse stocké pour l'hiver — s'ajoute à la production base, ne mobilise pas le stock P1 (TRL 7–8)

Ce budget P2 n'est disponible qu'après couverture intégrale des P1 (~265 TWh). Il impose que les ENR hivernales soient suffisamment dimensionnées — éolien offshore fort en hiver — pour ne pas empiéter sur P1. C'est l'électricité qui se dimensionne en conséquence.

La conséquence pour les ENR — la saisonnalité comme colonne vertébrale : si l'éolien offshore hivernal est insuffisant, le réseau appelle du bio-méthane réservé à l'aviation et aux camions. Il faut donc installer assez d'éolien offshore (fort en hiver, 32–38 % de facteur de charge) pour que la demande sur le budget P2 reste dans les ~25 TWh disponibles après couverture des P1. Ce n'est pas un détail de l'analyse — c'est la contrainte de conception du mix. Le dimensionnement des ENR s'adapte au budget bio-méthane, pas l'inverse.
Situation critiqueSans bon dimensionnement ENRAvec bon dimensionnement ENR
Hiver froid sans vent ni soleil (Dunkelflaute)Réseau appelle bio-CH₄ P1 → pénurie transport lourd / aviationÉolien offshore fort en hiver + nucléaire baseload couvrent la base. Bio-CH₄ P2 intact.
Canicule estivale + climatisation + nucléaire mi-régimeTriple contrainte → appel massif bio-CH₄ → budget P1 entaméSolaire dimensionné pour pointes estivales. Bio-CH₄ P1 transport/aviation préservé.
Surplus solaire estival (midi)Électricité gaspillée — 2 000 GWh écrêtés S1 2025Surplus → électrolyseurs → Sabatier → recharge stock bio-CH₄ pour l'hiver. Nucléaire monte en facteur de charge.
Grands départs été / week-endsPics recharge réseau massifs → pression sur budget P2 → P1 menacéÉREV bio-GNV : recharge embarquée → zéro appel réseau sur les trajets → P1 intact.
07 · Le bilan comparatif V11

Tout-BEV vs Résilience 2045 —
les chiffres V11 côte à côte

IndicateurBEV tout-électriqueRésilience V11Écart et analyse
Consommation élec réseau/an~720 TWh~665 TWh−55 TWh → moins d'infrastructure, moins de nucléaire, moins de réseau
Nucléaire installé total64,65 GW (21 EPR2 neufs)53,10 GW (14 EPR2 neufs)−7 EPR2 = −84 Md€. 14 = maximum faisable.
Facteur de charge nucléaire75,9 % (modulation ENR)85,9 % (baseload pur)+10 pts — surplus ENR absorbés par Sabatier ✅
Déficit pilotable janvier−59,77 GW−10,56 GWRésilience 5× plus robuste en pointe hivernale
Stockage saisonnierBatteries 4–8 h max~130 TWh de stockages souterrains (Storengy, Teréga)Des centaines de fois la capacité des STEP françaises — zéro CAPEX supplémentaire
Aviation — tous segments~75 TWh kérosène fossile — non résolu~10 TWh élec (VTOL + court-courrier) + ~80 TWh bio-CH₄ (tous segments, Note Aviation V11.1)Résilience couvre toute l'aviation. BEV la laisse intégralement en fossile.
Bio-CH₄ total produit0~262 TWh (central V11)Fourchette 254–282 TWh/an
Biochar séquestré020–23 Mt CO₂/anSéquestration permanente >100 ans — bilan carbone négatif possible
CAPEX réseau électrique RTE30–50 Md€ suppl.8–15 Md€ suppl.Économie 20–35 Md€ (hypothèse à confirmer par l’étude RTE / GRDF / ADEME)
CAPEX total transition794–1 096 Md€~540–690 Md€Économie centrale ~315 Md€ ⚠ ordre de grandeur

BEV — Tout-électrique 2045

Réseau électrique~720 TWh
AviationNon résolue — ~75 TWh kéro fossile
EPR2 à construire21 — dépasse la capacité industrielle
Déficit pilotable hiver−59,77 GW
Stockage saisonnierNon résolu
Émissions résiduelles~20 Mt CO₂/an (aviation)
CAPEX794–1 096 Md€

Résilience V11 — Architecture hybride

Réseau électrique~665 TWh
Bio-CH₄ produit (base V11)~262 TWh
Bio-CH₄ nécessaire total~290 TWh → leviers L1/L3 (L2 en secours)
AviationRésolue — ~10 TWh élec (VTOL + court-courrier) + ~80 TWh bio-CH₄ tous segments (Note Aviation V11.1)
EPR2 à construire14 — maximum faisable
Déficit pilotable hiver−10,56 GW (5× moins)
Biochar séquestré20–23 Mt CO₂/an
CAPEX~540–690 Md€
07b · Production nucléaire 2045

TWh nucléaires et évolution possible —
une puissance qui se maintient mais ne double pas

La demande électrique augmente de ~50 à 60 % d'ici 2045 (de ~450 TWh à ~665–720 TWh). Le nucléaire, lui, ne peut pas suivre au même rythme — ni industriellement, ni géographiquement, ni hydriquement. Comprendre ce plafond est indispensable pour dimensionner correctement le complément ENR et bio-CH₄.

Production nucléaire par scénario

En retenant un facteur de charge de 85 % (7 450 h/an), la production annuelle de chaque scénario s'établit ainsi :

ScénarioPuissance nucléaire garantieTWh nucléaire/anBesoins électriques 2045Solde ENR nécessaire
Aujourd'hui (référence)~63 GW installés (avec Flamanville 3)~362 TWh (2024)~450 TWh (consommation 2024 : 449 TWh)Excédent — exportations nettes record de 89 TWh en 2024
Programme actuel (6 EPR2 seulement)~39 GW garantis~290 TWh~665 TWh (Résilience)~375 TWh ENR
Résilience + 14 EPR2~51 GW garantis~383 TWh~665 TWh~280 TWh ENR
Tout-BEV + 14 EPR2~51 GW garantis~383 TWh~720 TWh~340 TWh ENR
Tout-BEV + 21 EPR2 (hypothèse)~61,5 GW~461 TWh~720 TWh~260 TWh ENR
La part nucléaire passe de ~80 % à ~60 % : aujourd'hui le nucléaire couvre ~80 % de la consommation électrique française (362 TWh produits en 2024 pour 449 TWh consommés, soit 67 % de la production, avec des exportations nettes record de 89 TWh). En 2045, même avec 14 EPR2, il ne couvrirait que ~60 % des besoins électriques du scénario Résilience (~383 / 665 TWh). Le nucléaire reste la colonne vertébrale — il assure la puissance garantie en base — mais les ENR deviennent indispensables en volume.

Pourquoi la puissance nucléaire ne peut pas doubler

Trois contraintes cumulatives plafonnent l'expansion nucléaire, indépendamment de la volonté politique :

Remplacement
avant croissance

La pyramide d'âge

18 réacteurs de 900 MW mis en service avant 1981 auraient 64 à 68 ans en 2045. Les EPR2 compensent d'abord les retraits du parc vieillissant. Sur les ~21 GW apportés par 14 EPR2, une fraction significative remplace la puissance sortante — le gain net réel de puissance nucléaire serait de l'ordre de 0 à +10 GW selon le rythme des fermetures.

Sites côtiers
en nombre limité

La contrainte hydrique

Les sites thermiquement fiables à l'horizon 2045–2060 sont les sites maritimes (Manche, Mer du Nord). Les sites fluviaux — Loire, Garonne, Rhône sans glaciers — présentent une vulnérabilité estivale croissante. Au-delà de 14 EPR2, les sites supplémentaires seraient nécessairement fluviaux ou non encore identifiés. Le plafond réel n'est pas industriel : il est géographique et climatique.

Cadence
non démontrée

La contrainte industrielle

14 EPR2 = 6 engagés + option de 8 à l'étude. Atteindre 21 EPR2 supposerait une cadence de construction additionnelle dont la faisabilité à l'horizon 2045 n'a pas été démontrée — après 30 ans de sous-investissement dans la filière nucléaire française.

Ce que ça implique pour Résilience : la demande électrique augmente de ~50 à 60 %, le nucléaire se maintient autour de 360–383 TWh, les ENR couvrent le delta en volume (~280 TWh dans le scénario Résilience). Il reste structurellement un besoin de vecteur énergétique non électrique pour les usages difficilement électrifiables (~265–290 TWh, couverts par le bio-CH₄). Ce n'est pas "nucléaire ou Résilience" — c'est "nucléaire + ENR + Résilience", les trois simultanément nécessaires. Et Résilience est ce qui permet au système de fonctionner avec 14 EPR2 là où le tout-BEV en demanderait 21 non atteignables.

Note : les puissances garanties et TWh 2045 sont des estimations du Programme Résilience V11. La puissance garantie (~30 GW parc résiduel) est construite sur la disponibilité en situation de contrainte simultanée estivale, pas sur la production annuelle moyenne. Les facteurs de charge retenus (85 %) sont cohérents avec les performances historiques du parc français hors périodes de maintenance exceptionnelle. Pour le détail de la contrainte hydrique par site, voir la note Résilience énergétique 2045 — contrainte hydrique.

08 · Conclusion

Ce que le débat radio
ne dit jamais

Dans les débats médiatiques sur l'énergie, experts et journalistes s'affrontent sur nucléaire vs éolien vs solaire. Personne ne pose les besoins secteur par secteur. Personne ne regarde la matrice temporelle mois par mois. Personne ne quantifie ce que l'électrification ne peut structurellement pas couvrir — aviation tous segments, transport lourd, industrie haute T°, Rex agricoles — ni ne pose la question de avec quoi on le couvre. Personne ne parle de l'impossibilité physique de construire 21 EPR2 d'ici 2045.

Quand on pose toutes ces questions ensemble, la réponse est claire : il faut les deux vecteurs, dimensionnés fonctionnellement. L'électricité couvre les usages électrifiables. Le bio-méthane couvre les usages irremplaçables et sécurise le réseau sur le solde disponible. Et c'est la saisonnalité de chaque source qui guide le dimensionnement des ENR — pour garantir que les deux budgets restent compatibles.

Note sur la couverture complète des besoins en bio-CH₄ : le Programme Résilience V11 documente une production de ~262 TWh/an depuis la biomasse résiduelle française. L'analyse sectorielle complète — intégrant l'aviation sur tous ses segments, l'industrie haute température et les tracteurs ÉREV — porte les besoins réels à ~290 TWh. Le déficit d'environ 30 TWh est couvert par trois leviers complémentaires, dans l'ordre économique : (1) Sabatier maximisé sur surplus ENR — valorise le CO₂ concentré gratuit des 150 sites ; (2) Séquestration chimique et géologique du CO₂ biogénique concentré produit sur les 150 sites (~35 Mt/an disponibles) — cette séquestration permettrait, en secours et à titre limité, de compléter l'approvisionnement par du CH₄ fossile tout en conservant un bilan carbone fortement négatif : les émissions du fossile résiduel restent très inférieures au CO₂ séquestré (biochar + géologique) ; (3) Cultures dédiées miscanthus sur terres marginales — levier de décarbonation profonde et de retrait net de CO₂ atmosphérique. Ce bilan complet est développé dans la section 00 · Bilan général de ce document.
~265–290 TWh

Non électrifiables

Aviation tous segments, transport lourd, industrie haute T°, Rex tracteurs. Le BEV les conserve en fossile. Résilience les couvre avec ~262 TWh de bio-CH₄ base V11 + ~30 TWh via leviers complémentaires (Sabatier maximisé, cultures dédiées ; fossile compensé par séquestration en secours).

−84 Md€

CAPEX nucléaire économisé

14 EPR2 au lieu de 21. Le maximum industriellement faisable — sans supposer des capacités de construction qui n'ont jamais existé en France.

5 ×

Plus robuste en hiver

Déficit pilotable : −10,56 GW (Résilience) vs −59,77 GW (BEV). Le bio-CH₄ stocké dans les ~130 TWh de stockages souterrains existants (Storengy, Teréga) est le muscle de réserve que le réseau 100 % électrique n'a pas.