Le massif des Landes de Gascogne a subi trois sinistres majeurs en moins de 80 ans — incendies 1947–1949, tempête Klaus 2009, incendies 2022. Chaque fois, la réponse a été la même : subvention, reboisement en pin maritime, et recommencement. Le Programme Résilience propose un modèle différent : faire de la pyrogazéification le moteur économique de la reconstruction, pas son spectateur.
Contrairement à la plupart des démonstrateurs où le risque reste prospectif, les Landes disposent d'un historique chiffré sur trois sinistres distincts et trois registres différents.
Ces deux notes ne sont pas deux options alternatives — elles décrivent deux fonctions complémentaires du même site de pyrogazéification, selon que la catastrophe est une tempête ou un incendie.
La pyrogazéification est le seul débouché indifférent à la qualité mécanique du bois : un chablis dégradé ou un tronc scolyté produit autant de syngaz et de biochar qu'un tronc sain. Lors d'un choc de type Klaus, le site capte le bois dégradé sur un circuit séparé — protégeant le prix du marché du bois sain, accélérant l'évacuation sanitaire, conservant la valeur ajoutée sur le territoire.
Analogie : un barrage n'est pas construit uniquement pour produire de l'électricité — il sert aussi à écrêter les crues. Le site Résilience fonctionne en continu sur les rémanents, et bascule en priorité sur le bois dégradé lors d'un sinistre majeur.
Télécharger la note tempête PDF →Quatre ans après 2022, le reboisement dans les Landes reste bloqué — les dossiers sont déposés, les aides tardent, et quand elles arrivent, elles financent de nouveau du pin maritime. Le modèle Résilience superpose les temporalités : miscanthus et TTCR saule sur les parcelles brûlées génèrent des revenus dès l'année 3, financent l'entretien des feuillus, et alimentent le site de pyrogazéification en continu — sans subvention récurrente.
Sur 10 000 ha reconvertis : ~115 000 t biomasse/an · ~328 GWh biométhane · ~65 000 t CO₂eq séquestrées dont 57 000 t de façon irréversible · ~4,8 M€/an de revenus propriétaires.
Télécharger la note incendie PDF →La pyrogazéification n'est pas la finalité — elle est le moteur économique qui permet de reconstruire et de maintenir le système forestier dans la durée.
| Critère | Reboisement pin maritime (subvention publique) |
Régénération naturelle seule | Mix Résilience (miscanthus/TTCR + feuillus) |
|---|---|---|---|
| Coût État | 3 000–5 000 €/ha en subvention plantation — sans revenu intermédiaire | 0 € | Objectif : absence de subvention récurrente après phase initiale |
| Revenu propriétaire (20 ans) | Quasi-nul | Nul | ~300–500 €/ha/an dès l'année 3 |
| Entretien parcelle | Souvent abandonné | Aucun | Autofinancé par les revenus biomasse |
| Risque incendie à 15 ans | Reconstitué si pin replanté | Landes → feu (bruyère combustible) | Potentiellement réduit par mosaïque feuillue — à confirmer par modélisation |
| Séquestration carbone | Arbres seulement (réversible) | Très faible | ~7,2 t CO₂eq/ha/an dont 6,2 t irréversibles (biochar CRCF) |
| Réponse au choc de type Klaus | Aucun débouché pour le bois dégradé → effondrement des prix | Aucun | Site pyrogazéification = débouché de dernier recours, indifférent à la qualité mécanique |
| Question "qui paie 30 ans ?" | Pas répondue | Pas répondue | Répondue — économie biomasse-énergie-carbone |