Résilience 2045Énergie · Climat · Territoires
← Accueil
Économie · Souveraineté · Industrie

Cartographie industrielle
De la technologie aux territoires

Acteurs, compétences, verrous industriels et conditions de déploiement. Programme Résilience 2045 n'est pas seulement une architecture énergétique — c'est un programme de réindustrialisation mobilisant 8 couches de l'écosystème industriel français.

8 couches
de l'écosystème industriel
maîtres d'ouvrage → formateurs
4 500–7 500
emplois directs non délocalisables
exploitation des 150 sites
~315 Md€
avantage CAPEX estimé
vs scénario tout-électrique
20–23 Mt
CO₂/an séquestrés
via biochar (V11)
⬇ Télécharger le document complet (PDF)

Avertissement : Les entreprises et organismes cités sont identifiés comme acteurs industriels potentiellement pertinents. Leur présence ne constitue ni un engagement de leur part, ni un partenariat avec le Programme Résilience 2045.

Principe directeur — logique d'industrialisation progressive

Un programme industriel à l'horizon 2045 ne peut exiger que toutes ses solutions soient déjà démontrées en 2026. Il doit s'appuyer sur des technologies existantes ou sur des extrapolations réalistes, identifier les quelques verrous majeurs et engager dès maintenant les travaux permettant de les lever. Résilience adopte cette logique : les éventuels écarts constatés lors des démonstrateurs conduiront à des ajustements — non à remettre en cause le principe du programme. Cette règle s'applique également aux scénarios concurrents.

Disponible et déployable
Adaptation ou montée en puissance
Verrou industriel — démonstrateur nécessaire
Étude spécifique requise
🇫🇷 Acteur français
🇪🇺 Acteur européen
⚡ Opportunité à développer

Les deux verrous industriels majeurs identifiés à ce stade

1. Verrou technologique : intégration industrielle de la chaîne complète pyrogazéification + épuration + méthanation Sabatier avec biomasse hétérogène et syngas de composition variable — objet des sites pilotes 100–200 t/j.

2. Verrou industriel et économique : démonstration que cette chaîne peut être dimensionnée, construite et répliquée à 1 000 t/j avec une économie viable.

Les autres difficultés identifiées relèvent principalement de l'industrialisation, de l'intégration, de la logistique, de la réglementation et de la montée en compétence des acteurs.

Maîtres d'ouvrage, ingénierie, équipements, intégration

Ces quatre couches forment la chaîne amont du programme — de celui qui porte la responsabilité globale du site jusqu'à celui qui livre la chaîne complète en ordre de marche.

1

Maîtres d'ouvrage et développeurs de projets

Porter le projet de A à Z, financer, obtenir les autorisations, être responsable sur toute la durée de vie

C'est la couche la plus critique — et celle qui n'existe pas encore sous la forme requise par Résilience. Quatre modèles sont envisageables, non exclusifs.

Modèle A — Grand groupe énergétique

TotalEnergies, Engie, EDF Renouvelables — expérience concessions EnR et biogaz.

Modèle B — Coopérative + opérateur délégué

InVivo, Terrena, Agrial — propriétaires du site et de la biomasse, délèguent l'exploitation. Modèle le plus cohérent avec la logique territoriale.

Modèle C — SPV (Société de Projet)

Idex Energies, Dalkia — modèle éprouvé pour attirer des capitaux privés. Accélérateur immédiat pour les pilotes.

Modèle D — Opérateur national dédié ⚡

À créer — analogue à GRTgaz pour le gaz. Cible de consolidation à 2030–2035 après validation sur les pilotes.

2

Ingénierie, bureaux d'études et conception des ensembles

Concevoir la chaîne complète, obtenir les autorisations, caractériser les gisements biomasse
🇫🇷
Technip Energies (Paris)Ingénierie de procédés industriels complexes, parmi les acteurs français disposant des capacités EPC les plus directement pertinentes
🇫🇷
Axens / IFP Energies nouvelles (92)Procédés, licences, catalyseurs, recherche appliquée
🇫🇷
Assystem (92)Ingénierie industrielle, accompagnement projets complexes
🇫🇷
Artelia (38)Ingénierie multi-technique, projets industriels et territoriaux
🇫🇷
Solagro (31)Bureau d'études biomasse et agro-environnement
🇫🇷
Burgeap (75)Bureau d'études ICPE, acteur français de référence
Ingénieur de gisement biomasse 1 000 t/jCe métier n'existe pas encore — à créer dès la phase pilote
3

Fournisseurs d'équipements — filière française en premier

Récolte biomasse · Séchage · Pyrogazéification · Sabatier · Distribution · Mobilité ÉREV

Récolte et broyage

🇫🇷
Rousseau (79)Leader français broyeurs latéraux et débroussailleuses
🇫🇷
Denis / Bugnot (51)Équipements forestiers sur pelle
🇫🇷
Kuhn (67)Siège mondial en France, leader faucheuses-conditionneuses
🇫🇷
Claas France (78)Ensileuses et presses, forte présence française
Déchiqueteuses grande capacitéFilière française peu présente — opportunité de développement. Acteurs EU : Jenz, Doppstadt

Séchage

🇫🇷
Maguin (88)Séchoirs agro-industriels, acteur français de référence
🇫🇷
Idex Energies (92)Intégration thermique chaleur fatale → séchage

Pyrogazéification — Verrou N°1

🟠 Industrialisation à grande échelle

La pyrogazéification existe à petite et moyenne échelle. L'objectif 150 sites × 1 000 t/j constitue un changement d'échelle de ×45 vs Charwood (22 t/j, plus grand lauréat GRDF AAP 2026). La faisabilité est retenue comme hypothèse industrielle. Les pilotes optimisent, ne décident pas.

🇫🇷
Haffner Energy (Vitry-le-François, 51)Pyrogazéification biomasse, acteur français coté en bourse, référence nationale directe
🇫🇷
Axens / IFP Energies nouvelles (92)R&D procédés thermochimiques
🇪🇺
Valmet (Finlande), Babcock & Wilcox (USA)Réacteurs industriels de référence

Méthanation Sabatier — Verrou N°2

🟠 Technologie connue — intégration avec syngas biomasse à optimiser

La réaction Sabatier est parfaitement connue. La spécificité de Résilience : son couplage avec un syngas issu d'une biomasse hétérogène. La faisabilité est retenue comme hypothèse. Les pilotes optimisent l'épuration, les catalyseurs et les rendements.

🇫🇷
Technip Energies (75)Conception et intégration procédés méthanation
🇫🇷
Axens / IFP (92)Catalyseurs et licences — acteur français direct
🇫🇷
Elogen / Suez (91)Électrolyseurs PEM H₂ complémentaire
🇫🇷
McPhy Energy (38)Électrolyseurs alcalins, coté en bourse

Distribution bio-CH₄ — filière 100 % française

🇫🇷
GRDF (75)Gestionnaire réseau distribution — acteur 100 % français
🇫🇷
GRTgaz (75)Gestionnaire réseau transport — acteur 100 % français
🇫🇷
Cryo Pur (93)Liquéfaction bio-GNL décentralisée, technologie française
🇫🇷
Ben.e.bel (59)Stations GNV, acteur français du déploiement

Mobilité ÉREV

🇫🇷
Stellantis (75)GMP thermique et hybride — intégrateur naturel voiture ÉREV
🇫🇷
ACC / Billy-Berclau (62)Batteries LFP françaises — joint-venture Stellantis/TotalEnergies
🇫🇷
Verkor (38)Gigafactory LFP en développement
🇫🇷
Schneider Electric (38)Électronique de puissance, onduleurs V2H
🇫🇷
Iveco FranceCamions GNV, expérience pertinente ÉREV lourd
4

Intégrateurs de systèmes

Assembler les composants de différents fournisseurs, garantir les interfaces, tester la chaîne complète

L'intégrateur ≠ le fournisseur d'équipements

L'intégrateur de systèmes est le responsable de la chaîne complète. Il assure les interfaces entre les briques, teste le fonctionnement d'ensemble et livre le site en ordre de marche. C'est un métier d'ingénieur de système, distinct du constructeur de machines. L'intégration de la chaîne pyrogazéification + épuration + Sabatier à grande échelle n'a jamais été réalisée — c'est précisément l'objet des deux sites pilotes 100–200 t/j.

🇫🇷
Technip Energies (75)Parmi les acteurs disposant des capacités EPC les plus pertinentes — binôme envisageable avec TotalEnergies pour les pilotes
Intégrateur logistique biomasseFonction inexistante à 1 000 t/j — à créer dans le cadre des pilotes (Solagro + opérateur logistique)
🇫🇷
Stellantis / CNH / AGCO FranceIntégrateurs naturels pour la filière ÉREV Rex — programme industriel dédié à lancer

Exploitation et opération des sites

C'est la couche qui fait la différence entre un programme industriel sérieux et la répétition des erreurs de la méthanisation mal encadrée.

La leçon de la méthanisation mal maîtrisée — à ne pas reproduire

  • L'exploitant achète une installation, le fournisseur passe à autre chose, les problèmes arrivent.
  • Odeurs, pannes, voisinage hostile, recours contentieux — l'exploitant seul face à des procédés qu'il ne maîtrise pas.
  • Appliqué à la pyrogazéification à 1 000 t/j : syngas combustible et toxique (CO/H₂), T° > 800°C, atmosphères contrôlées, catalyseurs sensibles, classement ICPE et, selon les caractéristiques et quantités de substances présentes, éventuelle application SEVESO.
  • Le modèle « petit exploitant indépendant qui achète clé en main » est incompatible avec cette échelle.

Principe 1 — Engagement contractuel long terme

LTSA (Long Term Service Agreement) liant le concepteur-intégrateur et les fournisseurs d'équipements critiques sur 20–25 ans : garanties de performance, maintenance, fourniture de pièces, assistance technique.

Principe 2 — Exploitant qualifié certifié

Jamais un particulier isolé. Entité industrielle avec compétences ICPE, habilitations ATEX et surface financière. Dalkia (EDF), Idex Energies, Engie Cofely — à qualifier pour la pyrogazéification.

Principe 3 — Supervision nationale centralisée

SCADA centralisé supervisant les 150 sites à distance. Équipe d'intervention rapide (< 24h sur tout site). Modèle : GRTgaz pour le transport du gaz. Schneider Electric — SCADA industriel.

Le modèle recommandé : la concession industrielle

La collectivité ou la coopérative agricole est propriétaire du foncier et de la biomasse. Un opérateur industriel qualifié exploite le site dans le cadre d'un contrat de concession de 20–25 ans, avec obligations contractuelles de performance, pénalités en cas de dérive et obligation de maintien en compétence. L'opérateur national assure la supervision à distance et l'intervention rapide. C'est le modèle des concessions d'eau et autoroutières en France — il évite précisément les dérives observées dans la méthanisation mal encadrée.

Maintenance, financement et formation

6

Maintenance industrielle

🇫🇷
Boccard (69)Chaudronnerie industrielle, maintenance procédés
🇫🇷
Axens / IFP (92)Régénération catalyseurs Sabatier (cycle ~8 000 h)
🇫🇷
Bureau Veritas (92)Inspection réglementaire ICPE
🇫🇷
Apave (75), Socotec (78)Contrôle technique et certification industrielle
7

Financement et garanties

🇫🇷
Bpifrance (75)Financement innovation et pilotes
🇫🇷
CDC / ADEME (75)Financement long terme et avances remboursables
🇫🇷
Meridiam, Ardian (75)Fonds d'infrastructure, transition énergétique
🇫🇷
AXA XL (75)Assurance grands risques industriels
8

Formation et R&D

🇫🇷
IFP Training (69)Formation procédés industriels énergétiques
🇫🇷
IFPEN / IFP (92)R&D procédés thermochimiques, catalyse
🇫🇷
CEA (91), CNRSR&D énergie, LRGP Nancy, LGC Toulouse
Formation pyrogazéification/SabatierFilière inexistante — à créer dès la phase pilote

Les 8 couches de l'écosystème industriel

CoucheFonctionActeurs français prioritairesChantiers à ouvrirStatut
1 — Maîtres d'ouvragePorter, financer, être responsableTotalEnergies, Engie, EDF Renouvelables, InVivo, Terrena, AgrialModèle concession industrielle, SPV, opérateur national dédiéÀ structurer
2 — IngénierieConcevoir les ensembles, autorisations, gisementsTechnip Energies, Axens/IFP, Assystem, Solagro, BurgeapIngénieur de gisement 1 000 t/j — métier inexistantÀ développer
3 — Équipements récolteFournir les équipements de collecte biomasseRousseau (79), Denis (51), Kuhn (67), Claas France, Maguin (88)Déchiqueteuses françaises grande capacitéLargement disponible
3 — Équipements procédésFournir réacteurs, Sabatier, épurationHaffner Energy (51), Technip (75), Axens/IFP (92), Elogen (91), McPhy (38)Réacteurs 1 000 t/j, catalyseurs français, chaîne intégréeVerrous 1 et 2
3 — Distribution énergieInjection réseau, GNL, GNV, microstationsGRDF (75), GRTgaz (75), Cryo Pur (93), Ben.e.bel (59)Microstations ferme — déploiement à planifierDisponible
3 — Mobilité ÉREVFabriquer voitures, tracteurs, camions ÉREVStellantis (75), ACC (62), Verkor (38), Iveco FranceProgramme industriel ÉREV Rex — constructeur chef de fileÀ lancer
4 — IntégrateursAssembler les systèmes, les tester, les livrerTechnip Energies (75) — binôme envisageable avec TotalEnergiesIntégrateur logistique biomasse, intégrateur ÉREV RexObjet des pilotes
5 — ExploitantsFaire fonctionner les sites 24h/24Dalkia (EDF), Idex Energies, Engie Cofely — à qualifierOpérateur certifié, supervision nationale, LTSA, concessionModèle à créer
6 — MaintenanciersMaintenir, inspecter, régénérer catalyseursBoccard (69), Cegelec/Vinci, Axens/IFP, Bureau Veritas, ApaveLTSA 150 sites, régénération catalyseurs SabatierÀ structurer
7 — FinanceursCapitaux, garanties, assurancesBpifrance, CDC, ADEME, Meridiam, Ardian, AXA XLMontage financier SPV post-pilotes, garanties publiquesPost-pilotes
8 — Formateurs / R&DFormer les compétences, conduire la R&DIFP Training (69), IFPEN (92), CEA, CNRS, INRAEFormation pyrogazéification/Sabatier — filière inexistanteÀ engager maintenant
📄
Document complet — Cartographie industrielle et économique V8 8 couches · Analyse économique comparative · Annexe réglementaire R.446-105 · Août 2026
⬇ Télécharger le PDF

Résilience 2045 — Avantages comparatifs

Comparaison avec le scénario tout-électrique à périmètre énergétique complet

1 — Avantage CAPEX estimé vs scénario concurrent

Les fourchettes V11 donnent un avantage de l'ordre de 104 à 556 Md€ selon les hypothèses, avec un écart central de ~315 Md€ en faveur de Résilience — à vérifier par la PPE à périmètre identique.

CAPEX Résilience : ~540–690 Md€ · CAPEX BEV : ~794–1 096 Md€ · Écart central : ~315 Md€

2 — Programme de réindustrialisation

4 500 à 7 500 emplois directs non délocalisables, ruraux, durables sur 20–30 ans. La cartographie montre que la grande majorité des acteurs mobilisés sont français — Technip Energies, Axens/IFP, Haffner Energy, GRDF, GRTgaz, Cryo Pur, Elogen, McPhy, Schneider Electric, Boccard, Eiffage, Vinci, Stellantis, IFP Training. Résilience est un programme de réindustrialisation autant qu'un programme énergétique.

3 — Structure économique à plusieurs flux de valeur

Sur la base des rendements V11 (~1,75 TWh bio-CH₄/an/site à valider sur les pilotes) et d'une valeur de vente de 40–50 €/MWh, l'ordre de grandeur du chiffre d'affaires brut est de 70–87 M€/an par site. Ce CA brut ne constitue pas un retour sur investissement — il ne tient pas compte de l'OPEX complet. Il s'y ajoute la valorisation du biochar (200–500 €/t) et la valorisation carbone potentielle des crédits de séquestration.

4 — Coûts systémiques du BEV absents des comparaisons

Infrastructure de charge, renforcement réseau basse tension, impact sur la pointe réseau (~40 GW de puissance moyenne potentiellement non appelée par les ÉREV — effet réel sur la pointe à établir par simulation), dépendance aux métaux critiques (Li, Co, Ni, terres rares), filières de recyclage batteries inexistantes à l'échelle nécessaire.

5 — Résilience couvre ce que le BEV ne peut pas couvrir

Mobilité lourde longue distance, aviation, stockage saisonnier de l'énergie, résilience systémique du réseau. La vraie comparaison est « BEV seul » vs « BEV + Résilience » — la seconde option couvre 100 % des usages et maintient la diversité des deux réseaux indépendants.

6 — Résilience produit de l'énergie ET séquestre du carbone

Le BEV décarbone la mobilité. Résilience décarbone la mobilité ET séquestre du carbone de façon permanente ET restaure la fertilité des sols ET reconstitue la mosaïque paysagère agricole — quatre effets simultanés qu'aucun autre programme énergétique ne produit. Séquestration biochar V11 : 20–23 Mt CO₂/an. Avec leviers complémentaires (séquestration géologique + cultures dédiées) : bilan net pouvant atteindre −60 à −80 Mt CO₂/an à horizon 2045.

7 — Les démonstrateurs sont la première étape de l'industrialisation

Les démonstrateurs ne constituent pas un préalable pour décider si Résilience doit exister. Ils constituent la première étape de son industrialisation — et le moment de tester le procédé, le modèle d'exploitation, le modèle financier et la concession qui éviteront les dérives de la méthanisation mal encadrée.

Grille de comparaison systémique

CritèreRésilience 2045Scénario tout-BEV
CAPEX total estimé~540–690 Md€~794–1 096 Md€ — à vérifier à périmètre identique
EPR2 nécessaires14 (hypothèse RTE la plus ambitieuse à 2050)21 — hypothèse à expliciter industriellement
Impact réseau électrique~40 GW de puissance moyenne potentiellement non appelée par usage du RexRenforcement réseau BT + absorption pointe supplémentaire
Stockage saisonnier énergieBio-CH₄ dans réseau gaz existantSolution non définie à 2045
Mobilité lourde longue distanceÉREV Rex GNL / GNV — solution complémentaireContraintes fortes masse, autonomie, recharge
Emplois directs4 500–7 500 non délocalisables — filière françaiseMajoritairement hors France
Ancrage industriel françaisFort — 8 couches écosystème françaisFaible — batteries et panneaux importés
Dépendance matières premièresDifférente — Li, Co, Ni absents de la chaîne principaleForte — Li, Co, Ni, terres rares
Séquestration carbone20–23 Mt CO₂/an via biochar (V11) — bilan net −60/−80 Mt avec leviersNéant — décarbonation sans retrait net
Modèle d'exploitationConcession industrielle qualifiée, supervision nationaleDécentralisé — risques locaux non traités
Première étape industriellePilotes 100–200 t/j — démarrage 2026–2027Déploiement sans démonstration intégrée préalable

Adaptation du cadre réglementaire

Article R.446-105 du Code de l'énergie — éligibilité de la pyrogazéification aux certificats de production de biogaz

Contexte — une exclusion par omission, non par décision

L'article R.446-105, tel que modifié par le décret n°2026-400 du 22 mai 2026, limite l'éligibilité aux CPB (certificats de production de biogaz) aux installations de méthanisation ou de stockage de déchets. Ce cadre n'intègre pas la pyrogazéification — non parce qu'elle a été délibérément exclue, mais parce qu'elle n'était pas encore industrialisée à grande échelle lors de la rédaction des textes. La demande n'est pas de supprimer l'article R.446-105 mais de l'adapter pour intégrer une technologie qui n'y figure pas encore, en cohérence avec le règlement européen CRCF (acte délégué biochar, 3 février 2026).

Le Gouvernement a déjà ouvert la porte

La réponse ministérielle du 11 juin 2026 (JO Sénat, question n°08518 du Sénateur Piednoir) indique qu'une modification de l'article R.446-105 est à l'étude afin d'intégrer notamment la pyrogazéification au dispositif des CPB. Cette proposition a donc pour objet de nourrir et d'accélérer ce processus déjà ouvert, en fournissant un contenu réglementaire précis et des conditions de durabilité testables.

Proposition d'article R.446-105-1 (ou extension de R.446-105)

La modification pourrait prendre la forme d'une extension de l'article R.446-105 ou, si le choix de rédaction le justifie, d'un article R.446-105-1 nouveau. Le contenu recherché — et non l'architecture juridique définitive, qui appartient au Conseil d'État — est le suivant :

« Sont également éligibles aux certificats de production de biogaz mentionnés à l'article R.446-105, les installations de production de biométhane par pyrogazéification de biomasse lignocellulosique résiduelle non dangereuse, sous réserve du respect des conditions cumulatives suivantes :

1° Les intrants sont exclusivement constitués de biomasse lignocellulosique résiduelle non dangereuse telle que définie à l'article L.541-1-1 du Code de l'environnement, à l'exclusion de toute biomasse cultivée à cet effet sur des terres arables pouvant être affectées à la production alimentaire ;

2° L'installation ne recourt pas à des combustibles fossiles pour le chauffage du procédé de pyrogazéification ;

3° Le rendement énergétique de conversion de la biomasse en biométhane injecté dans le réseau est égal ou supérieur à un seuil fixé par arrêté du ministre chargé de l'énergie, après avis de la Commission de régulation de l'énergie ;

4° La fraction carbonée solide (biochar) issue du procédé est valorisée selon des modalités garantissant sa stabilité carbone, conformément aux normes EBC (European Biochar Certificate) ou équivalentes reconnues par arrêté ministériel. »

ÉtapeCalendrier proposéActeurs
Saisine ministère chargé de l'énergieAutomne 2026Programme Résilience + OPECST (Sénateur Piednoir)
Consultation CREHiver 2026–2027Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC)
Avis Conseil d'ÉtatPrintemps 2027Section des travaux publics
Publication décret modificatifÉté 2027Journal Officiel de la République française
Arrêté ministériel (seuil rendement)Automne 2027Après premiers résultats sites pilotes Phase 0