Programme Résilience V11 — Gamme aviation complète

Aviation Bio-GNL
& Méthane–EREV

Du gyrodyne torique à l'avion long-courrier : le Programme Résilience V11 couvre l'ensemble des segments de l'aviation, du méthane liquide à basse altitude jusqu'au GNL fossile puis bio-GNL pour les vols intercontinentaux. Cette page documente la gamme complète, la synthèse comparative carburants, et les notes techniques disponibles en téléchargement.

Avertissement important : les chiffres de cette page sont des estimations théoriques et calculs d'ingénierie. Aucun avion Bio-GNL n'a encore volé. La validation industrielle reste entièrement à construire. Les avantages présentés sont cohérents sur le plan physique mais ne constituent pas des performances démontrées. Horizon de déploiement réaliste : 2032–2040 si programme de R&D engagé avant 2028.

Niveaux de certitude : ✅ Physique / chimie établie · 🎯 Objectif de conception · 🔬 Calcul théorique cohérent · ⚠ Hypothèse à valider industriellement

Architecture de gamme · Programme Résilience V11

Quatre segments — une filière carburant unique

Un seul carburant (méthane → bio-méthane filière Résilience), quatre architectures adaptées à chaque segment. Du VTOL urbain au long-courrier intercontinental, la progression 0→100 % bio se fait sans modifier les appareils ni les réseaux.

Segment ① VTOL Gyro-Torique ② Régional 15 places ③ ATR-72 ÉREV Moyen-courrier ④ Long-courrier
Usage SAMU · Hélitreuillage · Transport express urbain Régional 15 pax · < 1 500 km Régional 70 pax · 400–700 km Monocouloir 180–220 pax · 2 000–4 000 km Long-courrier 200–300 pax · > 8 000 km
Propulsion 8 ventilateurs carénés élec. + 2 groupes ÉREV 2×~220 kWe + turbine d'appoint ~315 kWe + batterie 45 kWh 4–6 hélices élec. + 2 groupes ÉREV 2×~600 kWe + turbogénérateur de montée ~400 kWe (option 2×500 kWe) 2 hélices élec. + 2 groupes ÉREV 2×900 kWe en nacelles + turbogénérateur de montée ~600 kWe Turbofan méthane + auxiliaires ÉREV Atkinson Turbofan méthane + auxiliaires ÉREV Atkinson
Carburant / stockage Bio-GNL −162°C · 8 réservoirs indépendants dans le tore (variante GNV 250 bar en courte portée) GNL −162°C (> 800 km) ou GNV 250 bar GNV 250 bar (≤ 400–500 km) · GNL −162°C au-delà Bio-GNL −162°C · réservoirs dans les ailes Bio-GNL −162°C · réservoirs dans une aile composite + mini-soute
Rendement chaîne ~45 % groupes ÉREV (hypothèse) · turbine ~25 % en appoint stationnaire ~39 % chaîne complète (Atkinson objectif 50 %) ~38–39 % chaîne complète 34–37 % global (turbofan méthane, vs 29–31 % kérosène) 34–37 % global (turbofan méthane, vs 29–31 % kérosène)
CO₂ vs kérosène (fossile) −46 % d'énergie par mission vs H135 (conditionnel) −48 à −53 % −48 à −53 % −37 % (échappement) −37 % (échappement) · −30 à −34 % (ACV)
CO₂ à 50 % bio-GNL/GNV Voir page Gyro-Torique −74 à −76 % −74 à −76 % ~−64 % (ACV, hors biochar) ~−64 % (ACV) · ~−80 % avec biochar
NOx / PM / Contrails −40 % / −70 % / quasi nuls (basse alt.) −40 % / −70 % / faibles (FL180–250) −40 % / −70 % / faibles (FL180–220) −40 % / −70 % / −50→70 % estimé (FL350–390) −40 % / −70 % / −50→90 % estimé (FL350–410)
Coût carburant vs kérosène ~340–450 € par mission vs ~390–590 € (kérosène) et ~980–1 720 € (SAF) ~−50 % (GNL fossile) · ~2× moins cher que kérosène + SAF à part renouvelable égale ~−50 % (GNV fossile) · ~2× moins cher que kérosène + SAF à part renouvelable égale ~−35 à −40 % (GNL fossile) ~−35 à −40 % (GNL fossile) · ~−60 % vs kérosène + SAF de même CO₂
1er vol certifiable Concept · développement 10–15 ans 2030–2032 2030–2033 2033–2038 2032–2035
Document de référence Gyro-Torique V12.4 — présentation → Segment 2 — 15 places V3 ↓ Segment 3 — ATR-72 V3 ↓ Moyen-courrier V3.1 ↓ Segment 4 — Long-courrier V8.2 ↓
Invariants de la gamme : cycle Atkinson pistons à régime fixe ~2 500 tr/min (segments ①②③ ; ① complété par une turbine d'appoint pour le stationnaire) · turbofan méthane à sur-détente optimisée (moyen- et long-courrier) · bus DC 800 V · batterie tampon modeste (décollage + transitoires) · filière carburant unique Résilience (pyrogazification → bio-CH₄) · montée 0→100 % bio sans modifier les appareils. NOx −40 % et particules −70 % sont constants quel que soit le pourcentage de bio — ils dépendent de la chimie du CH₄, pas de son origine.

Nouveau · Segment moyen-courrier — avantage architectural décisif

Le moyen-courrier Bio-GNL (classe A321neo, 180–220 pax, 2 000–4 000 km) apporte un avantage architectural : les réservoirs GNL s'intègrent dans les caissons d'aile redessinés, sans toucher au fuselage pour les missions jusqu'à ~2 000 km (un mini-réservoir en soute complète au-delà). Résultat : cabine commerciale inchangée, centre de gravité stable, complexité de certification inférieure au long-courrier.

~−28 %

Masse carburant

PCI GNL +16 % et rendement du cycle méthane supérieur. Sur mission 3 000 km : ~8 600 kg GNL vs ~12 000 kg kérosène.

−0,6/−2,1 t

Bilan masse net

Gain carburant (−3 100 à −3 600 kg) supérieur au surpoids système GNL (+1,5 à 2,5 t, réservoirs compris). MTOW maintenu.

~0,4 MW

Froid cryogénique gratuit

Froid fourni par la vaporisation du carburant avant combustion : précooling air moteur, refroidissement avionique, conditionnement cabine. Gain estimé ~2–3 % (hors intercooling).

7/8

Dimensions gagnées

Vs SAF (1/8) et H₂ liquide (0/8) sur 8 dimensions de comparaison filière : disponibilité, coût, NOx, PM, contrails, scalabilité, infrastructure, biochar.

Cohérence climatique consolidée · Gamme V10

Trois polluants traités simultanément —
par la chimie du CH₄, pas son origine

NOx, particules et contrails représentent ensemble plus de la moitié du forçage radiatif de l'aviation (IPCC AR6, Lee et al. 2021). Le SAF ne touche structurellement aucun de ces trois vecteurs. La famille méthane Résilience les traite tous, dès le premier vol fossile.

PolluantPart forçage radiatif 20 ansSAF 50 %Méthane fossileMécanisme physique
CO₂~35 % −33 à −40 % (50 % × 65–80 %) — hors de portée avant 2045 −37 % à l'échappement (fossile) → ~−80 % (50 % bio + biochar, ACV) Facteur d'émission −25 % (55 vs 73 g CO₂/MJ) + rendement supérieur → moins de carburant
NOx~15 % 0 % (chimie kérosène inchangée) −40 % structurel · constant fossile ou bio Mécanisme de Zeldovich : NOx thermiques exponentiels en T°. CH₄ brûle plus froid. ✅ Physique
Particules fines PM~1 % direct (rôle majeur via les contrails) −15 à −25 % (partiel) −70 % structurel · constant fossile ou bio CH₄ pur : zéro soufre, zéro aromatiques → zéro suies. Observé sur le Tu-155 (1989–1991). ✅ Chimie
Contrails~55 % (dominant) −5 à −15 % (marginal) −50 à −90 % estimé (FL350+) · moyen- et long-courrier T° combustion plus basse + absence noyaux condensation (soufre, suies). Bénéfice concentré sur le moyen- et le long-courrier. 🔬 Calcul
TOTAL forçage100 % ~−15 à −20 % ~−45 à −70 % (estimé) Méthane traite tous les polluants par sa chimie propre
Verrou non-négociable (toute la gamme) : fuites CH₄ ≤ 1 % contractuel sur toute la chaîne. GWP₁₀₀ CH₄ = 27,9 (IPCC AR6) — au-delà de ~3–4 % de fuite, le bénéfice CO₂ du GNL fossile est effacé (plus de 10 % en bio-GNL). Détection embarquée ≤ 0,5 % vol. obligatoire sur tous les segments. Systèmes de récupération boil-off en boucle fermée.
Verrous technologiques · Feuille de route commune

Ce qui doit être résolu —
avant le premier vol commercial

VerrouNatureSegmentsHorizon
Dessication GNL avant injection (tamis moléculaires 3Å — CRITIQUE) Sécurité Toute la gamme Phase 1 · 2025–2027
Certification EASA moteur Atkinson piston propulsion aéronautique Réglementaire ①②③ Dialogue EASA 2026 · Certif. 2028–2030
Gestion vibrations pistons (AVC 4 niveaux) Technique ①②③ Bancs essai 2026–2028
Turbocompression haute altitude (puissance Atkinson maintenue FL180+) Technique ②③ Adaptation aviation 2027–2029
Slip méthane pistons Atkinson (CH₄ non brûlé à l'échappement) Technique ①②③ Banc essai dédié 2026–2027
Réservoirs cryogéniques aile CS-25 (précédent inexistant aviation civile) Réglementaire Moyen- et long-courrier Dialogue EASA 2026 · Qualif. 2028–2030
Fatigue thermique échangeur intercooler CCA (ΔT > 800°C · Inconel/316L) Technique · métallurgie Moyen- et long-courrier Programme Safran/RR Phase 1–2
Masse réelle moteurs Atkinson pistons (verrou PRIORITÉ 1 — ②③) Incertitude critique ②③ Mesure sur banc avant tout engagement design
Titane Ti-6Al-4V ciblé sur les pièces critiques (gain ~5–10 % de masse sur ces pièces) Conception Toute la gamme Décision Phase 0 · 2026
Verrou critique commun à toute la gamme — dessication méthane : le méthane vaporisé depuis GNL −162°C contient de l'humidité résiduelle → formation de glace dans les injecteurs, blocage des soupapes, délaminage MLI. Solution : tamis moléculaires 3Å (2 lits, régénération cyclique). Point de rosée garanti < −60°C. Masse : 15–25 kg. Technologie GNL maritime existante à qualifier en aviation. Identifié et documenté Programme Résilience V11 — juillet 2026.
PériodeActions communes① VTOL②③ RégionauxMoyen-courrier④ Long-courrier
2026–2028 Banc ÉREV Atkinson · AVC · Turbocompr. alt. · Dialogue EASA · Capteurs CH₄ Cahier des charges SAMU/SDIS · maquette volante 1/8 Concept + maquette · Retrofit banc sol ATR-72 Études réservoirs aile GNL + turbofan méthane Études Airbus/RR turbofan méthane
2028–2031 Qual. réservoirs GNL composites · Premiers vols bio-GNL · Certif. partielle EASA Revue des calculs · CFD · bancs d'essais · démonstr. 1/2 non habité 1ers vols ②③ Démonstr. sol réservoirs aile Démonstr. turbofan méthane
2031–2038 Certification ①②③ · Infra GNV/GNL aéroports · Montée bio-GNL Phase 2 Prototype · certification EASA SC-VTOL Certification + service ②③ Prototype + certif. CS-25 1er vol + certif.
2038–2045 Montée bio 10→100 % · Biochar comptabilisé · −60/−80 Mt CO₂/an France Montée bio Montée bio Déploiement série Déploiement série
Le problème et la piste

Pourquoi l'aviation longue distance
résiste à l'électrification

Un vol Paris–New York émet ~215 t de CO₂ en brûlant ~68 t de kérosène. L'électrique est impossible à cette distance (masse batterie prohibitive), l'hydrogène liquide à −253°C est un gouffre énergétique, le SAF reste cher et rare. Le Bio-GNL à −162°C est la piste la moins mauvaise — et pour des raisons physiques précises.

Pourquoi pas l'hydrogène liquide pour l'aviation ?

H₂ liquide à −253°C (seulement 20K au-dessus du zéro absolu) : la liquéfaction consomme 10 à 13 kWh/kg en industrie, soit 30 à 40 % de l'énergie du H₂ lui-même (minimum théorique ~12 %). Densité volumique : 2,3 kWh/L vs 10 kWh/L pour le kérosène. Boil-off pendant le vol : bien plus rapide qu'à −162°C. Infrastructure : inexistante dans les aéroports. ✅ Physique établie

Pourquoi le Bio-GNL a des avantages réels ?

Densité volumique : 5,86 kWh/L (vs 10 kWh/L kérosène, soit seulement 1,7× moins dense). PCI supérieur : 50 MJ/kg vs 43 MJ/kg kérosène. Liquéfaction : 0,25–0,30 kWh/kg soit 1,8–2,2 % du PCI — contre 10 à 13 kWh/kg pour l'H₂ (30 à 40 % de son propre PCI) : ~15 à 20× moins d'énergie de liquéfaction par kWh transporté. Combustion sans soufre ni aromatiques : moins de suies, absence de noyaux de condensation des contrails. ✅ Physique établie

Avantages théoriques calculés

Ce que la physique dit —
avant tout essai en vol

ParamètreKérosène (référence)Bio-GNLQualification
PCI (MJ/kg)4350 (+16 %)✅ Physique chimique établie
Densité volumique (kWh/L)105,86 (−41 %)Contrainte réelle : réservoirs plus grands ✅
Masse carburant Paris–NY 🔬~68 t~49 t (−28 %)Calcul théorique par PCI supérieur + rendement estimé · Non validé sur moteur réel
Rendement global du turbofan 🔬29–31 %34–37 % (+5 à +8 points)Cascade Brayton : intercooling par le froid du GNL + sur-détente · À confirmer sur démonstrateur moteur
CO₂ par vol à l'échappement ✅~215 t~135 t en GNL fossile (−37 %) · ~0 t fossile en bio-GNLBio-GNL = carbone biogénique · Bilan neutre à négatif si biochar co-produit et CO₂ biogénique concentré stocké ✅ Chimie
NOx 🔬Référence−40 % estiméTempérature combustion CH4 plus basse → moins de NOx thermiques · À valider banc moteur
Particules fines 🔬Référence−70 % estiméPas de soufre, pas d'aromatiques → moins de suies · À valider banc moteur
Traînées de condensation (contrails) 🔬Forçage radiatif élevé−50 à −90 % estiméAbsence de noyaux de condensation solides (soufre, aromatiques) — cristaux plus gros, sédimentent plus vite, forçage radiatif moindre · Note : plus de vapeur d'eau par kg (H/C=4) peut légèrement déplacer la zone de formation (critère Schmidt-Appleman), effet dominé par l'absence de noyaux · À valider en vol
Point technique critique — froid cryogénique : le GNL à −162°C est disponible comme source de froid. Le froid utile vient de la vaporisation du carburant avant combustion : ~1 MW sur un long-courrier, dont ~220–310 kW pour les auxiliaires (climatisation, avionique, batterie) en plus de l'intercooling. La réfrigération active à −162°C a un COP réel de ~0,15–0,20 : elle ne sert qu'à reliquéfier le boil-off (quelques kg/h), pas à produire du froid en quantité. La valorisation passive est réelle ; la réfrigération active serait un piège de calcul.

Contrainte principale : le volume des réservoirs

Le GNL contient 1,7× moins d'énergie par litre que le kérosène. Pour Paris–NY : ~85 m³ de kérosène → ~140 m³ de GNL pour la même énergie thermique (avant gain de rendement). Avec le rendement du cycle méthane : ~115–120 m³ de GNL. Le volume réservoir augmente d'environ 36 %. C'est le vrai défi de redesign de l'avion — non un obstacle rédhibitoire mais une contrainte de conception significative. 🔬 Calcul théorique

Feuille de route

Ce qui doit se passer
avant 2040

PhasePériodeActions requisesActeurs
Décision industrielleAvant 2028Consortium Airbus + Rolls-Royce/Safran + Air France/Lufthansa · Engagement R&D moteur GNL · Budget ~3 Md€Décision politique urgente ⚠
R&D moteur2026–2029Banc d'essai moteur GNL · Validation de la cascade de rendement (+5 à +8 points) · Certification émissions Euro VIIRolls-Royce / Safran · 150–200 M€ 🔬
Prototype avion2028–2032Redesign réservoirs · Intégration moteur · Premiers vols d'essai · Certification EASAAirbus · ~2,8 Md€ 🔬
Infrastructure2029–203510 hubs pilotes Bio-GNL · CDG, Heathrow, Frankfurt · Co-investissement aéroportsÉtats + aéroports · ~1–1,8 Md€ 🔬
Commercial2032–2040100 avions déployés · 50 hubs · Montée en puissance Bio-GNL nationalCompagnies aériennes 🎯
Fenêtre critique : si le développement n'est pas lancé avant 2028, l'hydrogène liquide (malgré ses coûts et complexités) pourrait consolider sa position comme alternative de référence à horizon 2035+, fermant la fenêtre pour le Bio-GNL. La décision industrielle de 2026–2028 est déterminante.
Souveraineté française

Le Programme Résilience
couvre l'aviation nationale

Usage aviationVolume estimé 🔬Couverture
Aviation nationale française (compagnies FR)~35 TWh/anCouvert par production Programme Résilience V11 (262 TWh central) ✅
Aviation internationale hubs EUVolume à définirDeal franco-espagnol CO₂ × H₂ → e-méthane aviation (voir page coopération) 🔬
Disponibilité Bio-GNL France95–110 TWh/anExcédent significatif vs besoin national 🔬
L'impasse structurelle

Il faudrait ~40–45 % de SAF
pour égaler le seul CO₂ du GNL fossile

C'est l'argument central que les décideurs n'ont pas encore intégré. Pour égaler uniquement le CO₂ du GNL fossile, il faudrait ~40–45 % de SAF dans le kérosène — niveau que la trajectoire ReFuelEU n'atteint qu'autour de 2045 et que la production mondiale ne permet pas d'atteindre avant. Et même à ce niveau, le kérosène + SAF resterait structurellement inférieur sur les NOx, les particules et les contrails.

✗ Trajectoire SAF — ce que les chiffres disent vraiment

• Production SAF 2025 : 1,9 Mt/an = 0,6 % de la conso. mondiale de kérosène

• 50 % SAF mondial nécessiterait : 150 Mt/an = multiplier par 80 la production actuelle

• Toutes les huiles usagées mondiales (~6 Mt/an) transformées à 100 % = seulement 3–4 % des besoins en SAF

• ReFuelEU : 6 % de SAF en 2030 (~−5 % de CO₂), 20 % en 2035 (~−15 %)

• SAF 50 % : coût carburant Paris–NY passe de ~44–65 k€ à ~75–160 k€

Sources : IATA 2025 · règlement ReFuelEU Aviation (UE 2023/2405)

✓ GNL fossile dès aujourd'hui — les bénéfices immédiats

• CO₂ : −37 % à l'échappement (−30 à −34 % en cycle de vie) · équivaut à ~40–45 % de SAF (voir note ci-dessous)

• NOx : −40 % structurel (chimie du méthane — pas améliorable par le SAF)

• Particules fines : −70 % structurel (absence de soufre et d'aromatiques)

• Contrails : −50 à −90 % (moins de noyaux de condensation)

• Coût carburant : ~−35 à −40 % (GNL moins cher par kWh, ~28 % de carburant en moins)

Sources : Note Aviation Résilience V11.1 · Tu-155 (Tupolev — vols GNL méthane à partir de janvier 1989)

Note LCA vs émissions directes (EU-ETS) : l'équivalence « ~40–45 % de SAF » s'exprime en cycle de vie complet (LCA). Le SAF ne réduit pas le CO₂ mesuré à la tuyère — il réémet le carbone capté en amont, la neutralité étant comptabilisée sur le cycle de vie. Le GNL fossile, lui, réduit le CO₂ réellement émis à l'échappement : avantage opérationnel direct pour les mécanismes EU-ETS qui taxent les émissions à la tuyère.
Note sur le −37 % et l'équivalence SAF — deux métriques, deux lectures légitimes :

Le GNL fossile réduit le CO₂ par vol Paris–New York de −37 % à l'échappement (~215 t → ~135 t). Ce chiffre combine deux avantages physiques distincts :

① Avantage chimique — le méthane émet ~55 g de CO₂ par MJ contre ~73 g/MJ pour le kérosène, soit −25 % à rendement égal. Seul, cet avantage équivaut à ~30–35 % de SAF : c'est la métrique carburant-à-carburant.

② Avantage rendement — le cycle méthane (rendement global ~35–37 % contre ~30 %) réduit la masse embarquée de ~19 t (~49 t de GNL contre ~68 t de kérosène). Combiné à l'avantage chimique, il donne −37 % à l'échappement et −30 à −34 % en cycle de vie, soit l'équivalent de ~40–45 % de SAF : c'est la métrique opérationnelle.

Formule (cycle de vie) : 262 × (1 − X × 0,80) = 170–185 t → X ≈ 37–44 % de SAF HEFA à −80 % de CO₂.
Critère Kérosène + SAF GNL fossile → bio-GNL ✓ H₂ liquide −253°C
CO₂ à horizon 2035 −14 à −16 % (20 % SAF ReFuelEU) −45 à −52 % en cycle de vie (20–30 % bio-GNL) Nécessite refonte avion totale
NOx −1 à −5 % (marginal) −40 % structurel dès jour 1 −40 % structurel
Particules fines −15 à −25 % −70 % structurel dès jour 1 −70 % structurel
Contrails −5 à −15 % −50 à −90 % estimé dès jour 1 −50 à −90 %
Coût carburant 2035 +30 à +60 % (20 % SAF) ~−20 % vs kérosène fossile (20 % bio-GNL) Non défini (H₂ vert coûteux)
Faisabilité 2030 Très partielle (0,6 % production) Carburant disponible — avion 2032–2035 Non — contraintes physiques permanentes
Verdict 2035 Insuffisant Solution optimale Inadapté structurellement
Message aux décideurs · Fenêtre 2026–2028

Faire du SAF la trajectoire principale, c'est renoncer à décarboner vraiment l'aviation. Le SAF garde un rôle : c'est la seule option pour les avions déjà en service et pour ceux commandés aujourd'hui, qui voleront jusqu'en 2050–2060. Mais il reste plafonné en volume et en coût, et les chiffres sont sans appel : à l'horizon 2035, le SAF réduira le CO₂ d'environ 15 % (20 % de SAF selon ReFuelEU). Le GNL fossile le réduit de 37 % à l'échappement dès la mise en service — avec en prime des réductions structurelles sur les NOx, les particules et les contrails que le SAF ne peut pas apporter.

La question n'est pas de savoir si le bio-GNL peut décarboner l'aviation — il peut, plus efficacement et moins cher que toute autre solution disponible. La question est de décider si l'Europe veut construire cette filière (Airbus + Résilience) ou se contenter de solutions incomplètes (le SAF, utile en relais pour la flotte existante mais plafonné) et physiquement bloquées (H₂ liquide). La fenêtre de décision est 2026–2028.

SAF et méthane sont complémentaires dans le temps : le SAF pour la flotte existante, en relais jusqu'au retrait des appareils ; le méthane — d'abord fossile, puis bio-GNL dans les mêmes avions — pour la génération suivante et le revamping des cellules jeunes. Un nouvel avion demande 10 à 15 ans de développement et une flotte se renouvelle en 20 à 25 ans : c'est donc maintenant qu'il faut lancer la filière méthane. L'expérience soviétique allait déjà dans ce sens : après avoir fait voler le Tu-155 à l'hydrogène liquide puis au GNL, Tupolev avait retenu le GNL comme voie réaliste (projet Tu-156).

Conclusion honnête

Une piste sérieuse —
pas encore une solution

Ce que la physique démontre

Le Bio-GNL a des avantages physiques réels et calculables sur le kérosène : PCI supérieur, combustion plus propre, bilan carbone potentiellement négatif avec biochar co-produit et CO₂ biogénique concentré stocké. La réduction de masse carburant de ~28 % est cohérente sur le plan thermodynamique. Les contrails réduits de 50–90 % sont attendus pour des raisons physiques de nucléation. Ces avantages sont suffisants pour justifier un programme de R&D industriel sérieux.

Ce qui reste entièrement à démontrer

Le gain de rendement (+5 à +8 points) sur moteur réel, les émissions NOx en vol, le comportement des réservoirs cryogéniques en conditions de vol (vibrations, pressions, certification EASA), le coût réel de l'infrastructure GNL aéroportuaire, et surtout l'économie réelle du vol Bio-GNL pour les compagnies. Ces points nécessitent un programme d'essais de plusieurs années — aucun avion Bio-GNL n'a volé à ce jour. Les affirmations définitives sur les performances sont prématurées.

Sources : NIST — PCI méthane (50 MJ/kg), kérosène (43 MJ/kg) · IPCC AR6 — forçage radiatif contrails (Lee et al. 2021) · IATA SAF Report 2025 · EASA Production SAF 2024 · Rolls-Royce R&D GNL civil 2023 · IATA Long Range Aircraft Fuel Study 2022 · IEA Hydrogen — comparatif liquéfaction H₂ vs LNG · EASA CS-25 §25.963 §25.1455 §25.863 — certification avions civils · GIIGNL 2023 · AIGA Doc 2022 — boil-off GNL vs H₂ · Tupolev Tu-155 — vols H₂ (1988) puis GNL (1989–1991) ; projet Tu-156 non construit · Règlement ReFuelEU Aviation (UE 2023/2405) · Mécanisme de Zeldovich (NOx thermiques) — base physique établie · EBC / Puro.earth — ratio CO₂eq biochar (2,5–3,1 t/t) · Safran ENGINeUS · MagniX · Rolls-Royce Spirit of Innovation — moteurs élec. aéronautiques · Programme Résilience V11 — Matrice gamme Aviation V10 · Segments ② ③ V3 · Long-courrier V8.2 · Moyen-courrier V3.1 · Synthèse SAF vs GNL V3.2 · Note Aviation V11.1 · Synthèse V11.1 (septembre 2026)